Revenir là où tout a commencé
Le 4 octobre 2025, je suis retourné à l’Estérel, près de Saint-Raphaël, pour une Spartan Race un peu particulière.
Honnêtement, je ne comptais plus faire de Spartan. J’avais déjà participé à toutes les courses françaises, y compris Morzine, la plus difficile du pays. J’avais atteint l’objectif que je m’étais fixé.
Puis le hasard en a décidé autrement.
J’ai remporté un jeu concours qui m’offrait un dossard pour la Spartan Race Estérel. Je n’ai pas hésité longtemps, mais cette fois, j’ai choisi le format 5 km avec 20 obstacles. Une course plus courte, simplement pour retrouver le plaisir de courir, sans pression.
Ce retour avait aussi une valeur symbolique.
Un an plus tôt, c’était exactement ici que je prenais le départ de ma toute première Spartan… une 21 km en catégorie Élite. Avec le recul, je me rends compte que j’avais visé très haut pour une première expérience. Cette fois, je voulais simplement profiter.
Le départ étant prévu à 11h15, je quitte Marseille tôt le matin. L’Estérel se trouve à environ une heure de chez moi. Pour cette édition, une personne m’accompagnait pour la première fois : ma copine.
Elle n’avait jamais assisté à une Spartan Race et j’avais envie de lui faire découvrir cet univers qui me passionne tant.
En arrivant sur place, l’ambiance est exceptionnelle.
Cette année-là, les Championnats du monde Spartan se déroulent sur le même week-end. Des athlètes venus des quatre coins du monde sont présents. On entend parler toutes les langues, les drapeaux flottent partout, l’atmosphère est incroyable. Avant même le départ, on sent que cette journée sera spéciale.
Je m’échauffe tranquillement.
Puis le départ est donné.
Premier obstacle… l’eau glacée.
Un réveil brutal pour beaucoup de participants.
Mais un an auparavant, lors de ma première Spartan ici même, j’étais déjà entré dans cette eau à 8 heures du matin. Cette fois, c’était presque devenu une formalité.
J’entre dans l’eau dans le Top 3.
J’en ressors autour de la 12ᵉ place.
L’eau n’a jamais été mon point fort, mais je sais que la suite du parcours me correspond beaucoup mieux.
Les obstacles s’enchaînent avec beaucoup de facilité. Étant inscrit en catégorie Open, le niveau est différent de celui des courses Élite auxquelles je participe habituellement. Je peux vraiment prendre du plaisir, courir relâché et profiter de chaque atelier.
Petit à petit, je remonte des concurrents.
Puis arrive le 13ᵉ obstacle.
J’aperçois ma copine.
La voir au bord du parcours me donne immédiatement un regain d’énergie. Je repars encore plus motivé.
Les kilomètres passent rapidement et j’arrive sur les trois derniers obstacles.
Le dernier gros défi approche.
Le fameux Multi-Rig.
Cet obstacle est réputé pour être l’un des plus difficiles des Spartan Race. Des anneaux, des barres, des cordes… il demande énormément de grip et arrive toujours au pire moment, lorsque les bras sont déjà complètement fatigués.
Je regarde ma copine et je lui lance :
« Celui-là va être compliqué… »
Elle me répond immédiatement :
« Tu peux le faire ! Je suis venue te voir, alors tu vas le réussir ! »
Ses encouragements me donnent un dernier coup de boost.
Je m’élance.
Une prise.
Puis une deuxième.
Je continue.
Et quelques secondes plus tard…
Je valide l’obstacle.
Je saute les flammes, comme à chaque arrivée Spartan.
Et je franchis la ligne.
Résultat : 33ᵉ sur plus de 2 000 participants.
Un très beau classement pour une course que j’étais venu faire uniquement pour le plaisir.
Je retrouve ensuite ma copine, tout sourire.
Pour plaisanter, je lui demande :
« Toi aussi, tu veux une médaille ? »
Elle me répond en riant qu’elle aimerait bien… mais qu’elle n’a pas fait la course.
À ce moment-là, une idée me traverse l’esprit.
Étant torse nu tout au long de la course, j’enfile rapidement un débardeur pour ne pas me faire reconnaître lorsque je franchirai une deuxième fois la ligne d’arrivée. Je retourne discrètement sur le parcours, à environ trois obstacles de l’arrivée, je refais les derniers obstacles ainsi que les 400 derniers mètres… et je franchis une deuxième fois la ligne d’arrivée pour récupérer une seconde médaille.
Officiellement, ce n’était certainement pas autorisé.
Mais ce n’était pas le plus important.
Ce moment restera gravé dans nos mémoires.
Nous sommes repartis tous les deux avec une médaille et surtout avec un souvenir unique.
Au-delà du classement, cette Spartan restera spéciale pour une toute autre raison.
C’était la première fois que je partageais cet univers avec la personne que j’aime.
Et voir ses yeux briller en découvrant l’ambiance Spartan m’a presque procuré autant de bonheur que de franchir moi-même la ligne d’arrivée.
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